La Chapelle Saint Pierre est située dans la partie méridionale de la Collégiale de Clans, derrière le maître-autel baroque. Dans un espace bien plus petit qu’un enfeu, elle est constituée d’une voute plein cintre ornée de peintures murales représentants la vie de Saint Pierre, la remise des clés du paradis, un Christ en Majesté entouré d’un tétramorphe et d’une annonciation. Sont origine est ancienne mais suscite bien des débats sur la date exacte de son emplacement. Jean Filipot et monseigneur Ghiraldi affirmaient que cette chapelle était plus ancienne que la toute première église Sainte Marie de Clans, donc antérieure à l’an mille, même si aucun document écrit n’atteste cette théorie. Sébastien Richard, archéologue du bâti, certifie que cet élément architectural avait été placé là en renfort du clocher lombard, lors de l’agrandissement de la Collégiale au XIV ème siècle.

L’emplacement même de la chapelle pourrait être plus ancien qu’il n’y parait. Une légende orale que les anciens se transmettaient, raconte qu’une pierre sacrée du temps des païens était déjà là et qu’elle y est toujours. Cette pierre est visible au sol, au centre de la voute, plus grossière que les autres pierres qui forment le dallage. Elle porte la marque d’un trou de poteau ayant accueilli un crucifie, qui aurait été en réalité une urne à offrande. Nous savons que l’occupation humaine date de l’âge du bronze à Clans puisque des bijoux néolithiques avaient été trouvé lors de la construction de la route de la forêt. Ils sont aujourd’hui conservés au Musée de Cimiez.

Dans une volonté de Christianisation du territoire, comme dans toutes les vallées qu’englobe le pays niçois, l’église Sainte Marie de Clans s’est peut-être implantée ici pour « avaler » l’ancien culte. Et la construction de la chapelle Saint Pierre aurait totalement fait disparaître sa visibilité.

Concernant les peintures murales de la Chapelle, l’historien Luc Thévenon les avait daté du XIV ème siècle puisque la datation y est inscrite sur le côté sud de la voute. Est-ce des repeints plus tardifs effectué sur des peintures plus anciennes ? La voute est-elle un réemploi d’un édifice immémorial venu agrandir la collégiale ? Était il là avant l’église Saint Marie ? La présence du Christ en majesté entouré du tétramorphe rappelle étrangement les peintures murales représentant des Maesta Domini d’avant l’an mille.

Quoi qu’il en soit cette représentation céleste s’oppose à la représentation terrestre de la scène de chasse, peinte dans l’abside médiévale attenante dans la partie nord de l’église méridionale. Fermés par la construction du maître-autel baroque au XVII ème siècle, les deux espaces ont dû être utilisé dans des rites de circulations liturgiques. Symbolisant le passage de l’état temporel, terrestre, matériel et mortel (la scène de chasse), au passage à l’état spirituel, céleste, immatériel et immortel (l’accès au paradis avec la représentation de Saint Pierre).

Sur le chevet est représenté la vie de Saint Pierre en trois épisodes majeurs qui constituent son élévation de simple pêcheur à père de l’Église catholique. De gauche à droite (à partir de la partie nord du chevet) on voit Saint Pierre pêchant sur le lac, puis marcher sur l’eau pour rejoindre la vision du Christ qui lui dit : « Je te ferai pêcheur d’Hommes » en latin, à travers un phylactère dont les inscription ont été effacé. Et enfin au chœur du chevet, Saint Pierre est représenté en premier pontife et se voit remettre les clés de paradis par le Christ.

Sur la voute plein cintre, un Christ en gloire, Maesta Domini ou Christ en Majesté, est porté dans une mandorle circulaire. Pieds nus, il porte le monde dans sa main gauche (sud) et béni le « spectateur » de sa main droite (nord). Il est entouré d’un tétramorphe, les quatre évangéliste représentés symboliquement en animaux ailés et auréolés. Du nord au sud, le taureau est Saint Mathieu, l’homme est saint Luc, l’aigle est Saint Jean et le lion est Saint Marc.

Dans les angles que forme la voute est peinte une annonciation. C’est l’apparition de l’ange Gabriel venu annoncer à la Vierge Marie qu’elle portera l’enfant de Dieu. Au Nord l’ange apparait à Marie, ses paroles sont inscrites su un phylactère qui semble vouloir s’étendre jusqu’à la Vierge au sud. Mains levées en signe de surprise et fasse aux écritures saintes représentant l’ancien testament, elle reçoit le message sacré par le saint esprit sous la forme d’une colombe qui lui « chuchote à l’oreille ».

Article de Combe Laetitia

Publicités