La Chapelle Saint Pierre est située dans la partie méridionale de la Collégiale de Clans, derrière le maître-autel baroque. C’est un petit espace, constitué d’une voute plein cintre ornée de peintures murales qui représentent la vie de Saint Pierre : une vie hagiographique, avec la remise des clés du paradis, dominée par un Christ « Pantocrator ».

Autrement appelé « Maesta Dimoini » ou « Christ en Majesté », le Christ Pantocrator est entouré d’un « tétramorphe », qui représente les quatre évangélistes sous la forme de quatre animaux ailés et auréolés. Saint Mathieu est en homme, Saint Luc en taureau, Saint Jean en aigle et Saint Marc en lion. Une annonciation vient encadrer la composition dans les coins supérieurs à la voute, avec l’ange Gabriel à gauche et la Vierge Marie à Droite.

La vie de Saint Pierre est peinte sur le chevet et représente trois épisodes majeurs. Non séparés par des éléments graphiques, comme cela se faisait dans la tradition iconographique au Moyen-Âge, les trois épisodes montrent Saint Pierre ; entrain de pécher, puis de marcher sur l’eau pour rejoindre la vision du Christ ressuscité. Ces deux images du saint le montrent deux fois plus petit que le Christ ; une différence de taille typique de la tradition iconographique du Moyen-Âge, qui hiérarchise les individus dans les images par ordre d’importance. Dans sa vie terrestre, Saint Pierre est donc une homme humble et son ascension se fait dans la vie céleste. Saint Pierre apparait alors aussi grand que le Christ dans le troisième épisode. Il est vêtu des habits pontificaux et se voit remettre les clés du Paradis en récompense de son martyr. Ces trois figures constituent son élévation, de simple pécheur à père de l’Église catholique.

 

L’origine du bâti a suscité bien des débats. Jean Filipot et Monseigneur Ghiraldi affirmaient que cette chapelle était plus ancienne que la toute première église Sainte Marie de Clans, donc antérieure à l’an mille. Aucun document écrit n’atteste cette théorie.

Sébastien Richard, archéologue et historien de Nice, après étude du bâti, a pu certifier que cet élément architectural a été placé là, en renfort du clocher lombard, lors de l’agrandissement de la Collégiale au XIV ème siècle.

L’historien Luc Thévenon date les peintures murales (dont les techniques sont celles de la fresque) du XIV ème siècle, puisque la datation est encore partiellement visible sur le côté gauche de la voute.

Cette partie méridionale droite du bâti de la Collégiale vient donc agrandir le chœur au XIVe Siècle, période dans laquelle les populations et les zones d’habitats se développent à Clans, autour de la Collégiale. La représentation céleste de la « Maesta Domini », créée alors un équilibre métaphysique avec la représentation terrestre de la scène de chasse, dans la partie méridonale gauche. Cette peinture murale, dite »à sec », dans l’abside médiévale, suscite également des curiosités concernant sa datation (l’abside correspondant au chœur de l’église primitive de 1066).

Fermés par la construction du maître-autel baroque au XVII ème siècle, les deux espaces séparés par le cloché Lombard, mais liés par un étroit passage sous celui-ci, pouvaient symboliser lors de rites de circulations liturgiques, une ascension spirituelle, de la vie terrestre mortelle, a la vie céleste immortelle. Cet espace de liaison n’est autre que l’accès au clocher lui-même, ouvert sur l’extérieur par une voute romane, partiellement obstruée par la construction de la « chapelle » Saint Pierre. Cette composition architecturale reflètes les remaniements successifs de l’église au Moyen-Âge et atteste que la construction de l’espace Saint Pierre est bien postérieure à celle de l’abside.

Article de Combe Laetitia