La Chapelle Saint Antoine le Grand, dit l’Ermite ou encore d’Égypte (251-356 de notre ère), domine le Vallon du Monar qui afflue de la Tinée. Modeste Chapelle peinte parmi des centaines implantées le long des chemins de l’arrière pays niçois, de la Savoie et du Piémont, du XIVème au XVIème siècle. Par un arrêté du 6 Octobre 1942, elle est inscrite sur la liste des monuments historiques classés.

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Construite durant la seconde moitié du XV ème siècle et entièrement décoré de peintures murales, elle comporte une travée unique, une voûte en berceau brisé et un chevet à fond plat. Au XVIIIème siècle le campanile fut ajouté, ainsi que le porche après la grande guerre d 14-18. Ouverte, elle servait d’abri aux voyageurs et pèlerins qui empruntaient  la fameuse route du sel. celle-ci, au départ de Nice, rejoignait la vallée de l’Ubaye par le Col de Restefond en passant par Clans. Dans l’espoir de faire un bon voyage sans croiser quelques pilleurs et de rester en bonne santé, les marchands itinérant et autres imploraient le ciel. Voilà pourquoi cette chapelle a été placé sous le vocable de Saint Antoine l’Ermite qui, fondateur de l’érémitisme et des premières communautés monastiques occidentales, était considérait comme un grand guérisseur car il soignait les malades atteins de la fièvre des ardents et comme Saint protecteur très populaire dans le milieu des voyageur. Sont récit hagiographique site son périple à travers le monde oriental et occidental et ces épisodes sont peints au XVème siècle au sein de la fresque ornant la voute de cette chapelle.

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La plupart des épisodes de la vie de Saint Antoine, peints sur la voute de la chapelle sont encore visible. n’ayant jamais été restauré, les pigments ont juste été fixé dans les années 90 mais ces ornements sont toujours soumis aux dégradations du temps. Sur la quarantaine d’épisodes peints il n’en reste que 29 lisibles, allant de la conversion de Saint Antoine en ermite, de ses trois tentations, ses miracles et sa mort.

Le chevet de la chapelle est décoré par la représentation de Saint Antoine dans la partie inférieure au dessus de l’autel, assis sur un large cathèdre surmonté d’un dais. Il tiens dans sa main gauche le « Livre du savoir caché » et il est entouré (lecture de gauche à droite) de sainte Catherine, Saint Martins, Saint Benoit et Sainte Brigitte de Suède.

Sur le registre supérieur est représenté une Crucifixion où l’on reconnais Saint Marie-Madeleine à genoux enlaçant la base de la Croix, coiffée comme un florentine avec des cheveux long ondulés et blond vénitien. Saint Jean, imberbe et placé à droite tandis que la Vierge Marie, Sainte Patronne de Clans et placée à gauche, couverte de son voile bleu. Sa peau est noire et inscrit cette fresque dans la catégorie des représentations des Vierges Noires que la discipline historique a tant de mal à expliquer.

Si Monseigneur Ghiraldi, historien de Clans et évêque de Nice, avait signifié cette Vierge Noire comme un « repeint malencontreux », d’autres villageois parlent de dépigmentation ayant assombri sa peau. Hors il apparait clairement que seul la Vierge est peinte en noir, volontairement, à l’instar des autres protagonistes, ce qui mène à des questionnements quand au but de sa présence ici.

Le christ crucifié sur la croix est entouré de trois anges qui recueillent dans des calices son sang s’écoulant de ses stigmates, sa représentation conclut le cycle de Saint Antoine et porte le message essentiel du sacrifice. Son corps se détache du bleu du ciel, figurant déjà sa résurrection, alors qu’en arrière plan, un paysage utopique est habité par trois bateaux prenant le large, contextuels à la période de découverte de nouveaux monde du quattrocento contemporain des primitifs niçois à qui l’on doit vraisemblablement cette œuvre.

Mais la Vierge noire n’est pas la seule surprise de cette composition puisque sur le mur sud de la chapelle est encore visible la représentation des sept vices , au bas des parois latérales opposées à celle des vertus presque totalement effacée.

La  cavalcade des vices est un thème récurant dans les chapelles peintes des Alpes Maritimes de cette période et participe à un souci d’éducation de la pensée à la renaissance. Ces sept péchés capitaux sont conduits dans la bouche du léviathan à gauche, c’est l’entrée des enfers, un démons sous la forme d’une immense gueule ouverte avalant les âmes damnées et où un diablotins bas du tambour et dirige en enfer les vices enchaînés les uns aux autres. par ordre de marche on retrouve l’orgueil, l’avarice, la luxure, la colère, la goinfrerie, l’envie et la paresse.

De la série des vertus sur le mur nord de la chapelle, il ne nous reste que la représentation de la patience opposée à la colère? L’humilité, la charité, la chasteté, la tempérance, la pitié et la diligence sont presque totalement effacées.

Article de Combe Laetitia.

Bibliographie :

  • Chapelle Saint-Antoine-le-grand, C. Giribone, guide de visite, auto-édition, Juin 2015.
  • Les Chapelles champêtres de Clans, Mgr Denis Ghiraldi, Ed. Ghiraldi, 1996.
  • L’art du Moyen-Age dans les Alpes méridionales, Luc F. Thévenon, Ed. Serre, 1983.

 

 

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